Le choc de la pandémie a été modéré au premier semestre pour les banques et assurances en France, selon le régulateur de ces secteurs, qui considère ce diagnostic comme toutefois fragile vu les incertitudes planant sur l’épargne et la solidité des entreprises.
Covid-19 : "choc modéré" au 1S pour les banques et assurances, un "diagnostic toutefois fragile"
Les banques ont enregistré "unebaisse modérée des revenus qui touche la plupart des lignes métiers" et les assureurs, "un mouvement de décollecte en assurance vie", certes historiquement fort, mais qui n’est pas une crise de confiance, a indiqué mardi l’Autorité de contrôle prudentiel et de régulation (ACPR) lors d’une conférence de presse.
Sur les six premiers mois de l’année, les banques françaises ont dégagé un produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d’affaires, de 70,9 milliards d’euros contre 74 milliards d’euros l’an passé. Pour les assureurs, l’effet pandémie a été limité et disparate sur les activités non vie, les primes engrangées augmentant de 0,5% à 55,4 milliards d’euros.
Dans le secteur bancaire, seule la banque de financement a surnagé, les revenus s’étant repliés dans tous les métiers plus particulièrement dans la banque de détail pénalisée par les taux bas rognant sur ses marges et par la baisse des commissions, relève l’ACPR.
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Quant à une éventuelle explosion des créances douteuses, pour le moment, l’ACPR n’a pas vu "un choc sur la qualité du crédit" ni de "dégradation très forte" consécutive à une flambée des impayés, a affirmé Dominique Laboureix, secrétaire général de l’ACPR.
A fin juin, l’autorité observe un "léger rebond" des créances douteuses du côté des entreprises. Mais cette augmentation est "assez variée selon les secteurs", les plus fortes hausses apparaissant dans les transports, l’industrie extractive ou l’enseignement. Chez les particuliers, la proportion de prêts douteux "reste stable pour le moment".
Ce qui s’explique en partie par les moratoires accordés sur les remboursements d’échéances de crédit jusqu’à fin septembre, selon M. Laboureix.
Les banques auront vraiment une idée de leurs créances douteuses après ce "moment clé" au dernier trimestre quand elles verront "comment se comportent les débiteurs et s’ils reprennent leurs remboursements normalement", a-t-il expliqué.
Cette incertitude va de pair avec celleconcernant la "solidité des entreprises à court/moyen terme et ses conséquences potentielles sur l’activité économique et l’emploi des ménages" ainsi qu’au comportement des épargnants, analyse l’ACPR.
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